J’ai été bien absente de ce blogue ces dernières semaines, car je me
suis concentrée sur un autre projet que je vous fais découvrir aujourd’hui.
Lorsque j’étais enfant, je voyais ma mère travailler sur sa table de
couture. Étant la sixième de la famille et la troisième des filles, comme dans
beaucoup de famille, je me voyais attribué les vêtements de mes sœurs aînées et
d’autres choses comme le vélo de mon grand frère pour aller à l’école tous les
jours.
Ma mère habillait tous ceux qui en avaient besoin et elle également.
N’ayant pas les moyens financiers de magasiner des vêtements, elle les
fabriquait. J’étais toujours émerveillée de la voir faire. Imaginer qu’un grand
morceau de beau tissu puisse se transformer en magnifique robe était
pratiquement impensable dans mes yeux d’enfant. Bien sûr en grandissant, cela
devenait normal. De cette façon, ma mère était toujours élégante dans ses
habits de son cru.
Je me souviens qu’un jour je lui ai demandé pourquoi elle ne me cousait
rien à moi, que moi aussi je voulais quelque chose de neuf. Après quelque
temps, elle m’a emmenée au magasin et m’a demandé de choisir un tissu et un
patron de ce que je voulais. Je devais avoir 11 ou 12 ans. J’ai choisi un tissu
à carreau (comme les kilts écossais) dans les tons de rouges. Quant au modèle,
je rêvais depuis longtemps d’un ensemble pantalon et petite veste. C’est donc
ce que j’ai choisi. Les deux morceaux dans le même tissu.
Lorsque le travail fut terminé, j’étais folle de joie. Mon ensemble à
moi que j’ai choisi moi-même. Personne ne pourrait me le prendre. Je l’ai
tellement mis que je ne sais pas si ma sœur plus jeune en a hérité. Je ne me
rappelle pas l’avoir vu avec. Donc, j’ai dû l’user jusqu’à la corde.
Lorsque mes deux premiers enfants avaient entre 6 et 8 ans, j’ai décidé
de me mettre à la couture et de leur faire des vêtements. Cela paraissait plus facile
en regardant ma mère que les faire moi-même. Je me suis battue avec les patrons
et les coutures. Le résultat n’étant pas très satisfaisant, j’ai abandonné et
je suis retournée dans les magasins pour les habiller.
Depuis ce temps, en vieillissant, les gènes maternels ont pris plus
d’importance. Dernièrement, je ressentais une envie folle de sortir ma machine
à coudre et de me lancer dans la couture. Avant de partir en folle, j’ai
commencé par des petites modifications. Tout s’est bien passé et l’intérêt a
grandi en moi.
Donc cet hiver, j’ai passé à une autre étape. J’ai magasiné du tissu,
comme ma mère le faisait dans ma jeunesse, j’ai choisi des modèles et j’ai
cousu et cousu et cousu. Ça devenait comme une drogue. Chaque jour, après ma
pratique de violon (eh oui! je suis des cours de violon), je m’installe à ma
table de couture.
Lorsque quelque chose arrive, comme le fil supérieur bloque, ou le fil
inférieur se casse, j’entends ma mère dire :
— Si ça casse en haut c’est le fil du bas qui est mal passé et si ça
casse en bas c’est le fil du haut qui a un problème.
Ce conseil m’a servi quelques fois.
La semaine dernière, j’ai terminé les projets que je m’étais fixés.
J’ai hâte à l’automne pour recommencer, ressortir mes ciseaux et mes bobines de
fil.
Voici ce qui a occupé mon hiver. Je vous partage la fierté de mon
accomplissement.
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Robe avec son boléro en dentelle |
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Jupe et son foulard |
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Pantalon d'été avec un sur-pantalon |
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Pantalon pattes d'éléphant |
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Tablier de jardinage (pour ma fille) |
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Tablier de jardinage (pour mon petit-fils) |
Bonne fin de printemps à tous et au plaisir de jaser avec vous.