Les petits enfants sont assis sur le divan
ensevelissant Grand-Maman tellement ils sont nombreux. On la distingue avec ses
lunettes sur le bout de son nez et ses cheveux blancs. C’est vrai aussi qu’elle
est moins agitée.
Les jeunes ont bien hâte d’entendre l’histoire des
petits Lutins et ils pressent Grand-Maman de commencer.
« Il était une fois, deux
petits Lutins dont c’était leur premier Noël dans l’atelier du Père-Noël. Ils
avaient tellement peur de ne pas être à la hauteur qu’ils oubliaient tout ce
qu’ils devaient faire. Ils suivaient les plus grands, essayant de les imiter,
couraient à droite ou à gauche selon ce qui leur était demandé.
À la fin de leurs journées de
travail, ils étaient tellement épuisés qu’ils ne mangeaient presque rien et
s’endormaient là où ils se trouvaient. Soit sur leur chaise à table, soit dans
la salle de bains avec la brosse à dents dans la main, soit au pied du lit sans
avoir eu le temps de mettre leur pyjama.
Chaque matin était de plus en
plus difficile, car ils ne mangeaient pas assez et surtout ils n’arrivaient pas
à se reposer. De jour en jour, ils étaient de plus en plus étourdis et
gaffeurs.
Le Père-Noël leur avait promis
de les emmener le soir de la distribution de cadeaux s’ils avaient bien obéi et
prouvé qu’ils étaient dorénavant de véritables Lutins prêts pour l’accompagner.
Chaque soir, après le travail
et avant de tomber de sommeil, ils allaient se renseigner auprès du Père-Noël
pour savoir s’il était content d’eux. Chaque soir, ils avaient la même
réponse :
« C’est à la fin du
travail qu’on évalue sa qualité et la valeur de celui qui l’a fait. Continuez
et je prendrai ma décision le soir venu. »
Le matin du 24 décembre, la
fébrilité se fait sentir dans l’atelier du Père-Noël. Heureusement cette année
ils n’ont pas pris de retard et à part une énorme tempête, la distribution des
cadeaux devrait être un succès. Seulement, ce n’est pas le temps de relâcher,
il reste les derniers préparatifs et tout le monde doit être à son poste. Chacun
s’affaire à son travail sans se soucier de ce qu’il se passe autour d’eux.
À la fin de la journée, un
vieux Lutin s’aperçoit de l’absence des deux petits Lutins. Il les cherche
partout dans l’atelier, les appelle, demande aux autres s’ils les ont vus. Rien!
Aucune nouvelle d’eux.
La Mère-Noël apprend la
disparition et se rend au hangar des rennes. C’est le seul endroit qui n’avait
pas été visité. Elle trouve les deux petits Lutins, blottis l’un contre
l’autre, au pied du traîneau, un paquet de biscuits dans la main.
D’un sourire aux lèvres, elle
tousse si fort qu’elle les réveille en sursaut. Se rendant compte où ils se
trouvaient, ils se levèrent d’un bond et, en pleine panique, coururent jusqu’à
l’atelier pour se mettre au travail.

Ils s’excusent du mieux qu’ils
peuvent et, la tête basse, retournent à l’atelier. Ils voudraient se cacher
dans le plus petit trou qui existe.
De sa grosse voix, le
Père-Noël leur dit :

Abasourdis et n’y croyant
plus, ils courent partout se butant à tout le monde. Ils cherchent leurs
chaussons dans tous les coins. Finalement, c’est Mère-Noël qui les attrapent
et, tous les deux assis sur ses genoux leur met à chacun leurs chaussons frais
tricotés.
Enfin prêts, ils s’installent
à côté du Père-Noël sur le traîneau et d’un coup de baguette les rennes, sous
le commandement de Rudolphe, s’élancent et s’envolent dans la nuit illuminée
par la pleine lune.
Les étoiles ne sont pas
uniquement dans le ciel, mais dans les yeux des deux petits Lutins qui vivent
la plus belle journée de leur vie. »
— Voilà les enfants, l’histoire est terminée.
— Les deux petits Lutins vont-ils encore
accompagner le Père-Noël cette année? demanda le plus jeune des petits-enfants.
— C’est possible, à moins que d’autres les
remplacent. C’est une très vieille histoire que je viens de vous raconter. Ma
grand-mère me la narrait lorsque j’étais petite comme vous.
Étonnés tous les enfants regardent leur
Grand-Maman. Comment pourrait-elle avoir été une petite fille? Ça ne se peut
pas!
Je
souhaite, à vous toutes et tous, de très belles fêtes de Noël, beaucoup de
bonheur avec votre famille, vos amis. Profitez des bons instants que vous allez
vivre et partagez avec le plus grand nombre. C’est le temps des réjouissances,
du partage et de l’amitié.
Bonne
semaine à toutes et à tous et je vous reviens en janvier.