La tête dans les vagues

Assise à ma table, face à la mer, où le vent souffle les embruns suivant le courant, je trouve l'inspiration qui me permet, au fil des mots, de vous partager mes passions.

lundi 2 mai 2016

Quand un souvenir d’enfance se transpose dans ma réalité

J’ai été bien absente de ce blogue ces dernières semaines, car je me suis concentrée sur un autre projet que je vous fais découvrir aujourd’hui.

Lorsque j’étais enfant, je voyais ma mère travailler sur sa table de couture. Étant la sixième de la famille et la troisième des filles, comme dans beaucoup de famille, je me voyais attribué les vêtements de mes sœurs aînées et d’autres choses comme le vélo de mon grand frère pour aller à l’école tous les jours.

Ma mère habillait tous ceux qui en avaient besoin et elle également. N’ayant pas les moyens financiers de magasiner des vêtements, elle les fabriquait. J’étais toujours émerveillée de la voir faire. Imaginer qu’un grand morceau de beau tissu puisse se transformer en magnifique robe était pratiquement impensable dans mes yeux d’enfant. Bien sûr en grandissant, cela devenait normal. De cette façon, ma mère était toujours élégante dans ses habits de son cru.

Je me souviens qu’un jour je lui ai demandé pourquoi elle ne me cousait rien à moi, que moi aussi je voulais quelque chose de neuf. Après quelque temps, elle m’a emmenée au magasin et m’a demandé de choisir un tissu et un patron de ce que je voulais. Je devais avoir 11 ou 12 ans. J’ai choisi un tissu à carreau (comme les kilts écossais) dans les tons de rouges. Quant au modèle, je rêvais depuis longtemps d’un ensemble pantalon et petite veste. C’est donc ce que j’ai choisi. Les deux morceaux dans le même tissu.

Lorsque le travail fut terminé, j’étais folle de joie. Mon ensemble à moi que j’ai choisi moi-même. Personne ne pourrait me le prendre. Je l’ai tellement mis que je ne sais pas si ma sœur plus jeune en a hérité. Je ne me rappelle pas l’avoir vu avec. Donc, j’ai dû l’user jusqu’à la corde.

Lorsque mes deux premiers enfants avaient entre 6 et 8 ans, j’ai décidé de me mettre à la couture et de leur faire des vêtements. Cela paraissait plus facile en regardant ma mère que les faire moi-même. Je me suis battue avec les patrons et les coutures. Le résultat n’étant pas très satisfaisant, j’ai abandonné et je suis retournée dans les magasins pour les habiller.

Depuis ce temps, en vieillissant, les gènes maternels ont pris plus d’importance. Dernièrement, je ressentais une envie folle de sortir ma machine à coudre et de me lancer dans la couture. Avant de partir en folle, j’ai commencé par des petites modifications. Tout s’est bien passé et l’intérêt a grandi en moi.

Donc cet hiver, j’ai passé à une autre étape. J’ai magasiné du tissu, comme ma mère le faisait dans ma jeunesse, j’ai choisi des modèles et j’ai cousu et cousu et cousu. Ça devenait comme une drogue. Chaque jour, après ma pratique de violon (eh oui! je suis des cours de violon), je m’installe à ma table de couture.

Lorsque quelque chose arrive, comme le fil supérieur bloque, ou le fil inférieur se casse, j’entends ma mère dire :

— Si ça casse en haut c’est le fil du bas qui est mal passé et si ça casse en bas c’est le fil du haut qui a un problème.

Ce conseil m’a servi quelques fois.

La semaine dernière, j’ai terminé les projets que je m’étais fixés. J’ai hâte à l’automne pour recommencer, ressortir mes ciseaux et mes bobines de fil.

Voici ce qui a occupé mon hiver. Je vous partage la fierté de mon accomplissement.

Robe avec son boléro en dentelle
Jupe et son foulard





















Pantalon d'été avec un sur-pantalon
Pantalon pattes d'éléphant













      








Tablier de jardinage (pour ma fille)
Tablier de jardinage (pour mon petit-fils)




















Bonne fin de printemps à tous et au plaisir de jaser avec vous.