La tête dans les vagues

Assise à ma table, face à la mer, où le vent souffle les embruns suivant le courant, je trouve l'inspiration qui me permet, au fil des mots, de vous partager mes passions.

dimanche 16 novembre 2014

La compassion ou le soutien des gens qu’on aime…

Cette semaine, je vais parler d’un sujet plus sérieux. Le point de départ fut le poème qu’un ami m’a transmis et m’a permis de vous partager.
Par respect, j’ai volontairement supprimé le nom de l’auteur du poème et de la personne à qui il s’adresse.
*The identity of the persons involved have been witheld to protect their privacy

Voici le poème que j’ai adressé à mon amie lors la perte de son fils.
Le 4 juin 2008

Lorsque tu m’as appelé ce jour-là,
Les yeux pleins de larmes, d’un murmure sanglotant
Tu m’as dit :
Mon Christopher s’est enlevé la vie.
Mon cœur se serra, sauta un battement ou deux.
Ressentant immensément ta douleur pour la perte de Christopher,
Plus que tu ne pourrais l’imaginer.
Personne et rien ne pourra jamais remplacer Christopher.
Le beau jeune homme troublé et malheureux,
Décédé si prématurément,
Alors qu’il n’avait à peine que vingt-cinq ans.

* * *

Que dire dans ces situations?
Recevoir de tels appels de personnes proches et chères bouleverse plus que l’on puisse imaginer. On ne peut rester insensible à ces peines. Peu importe l’âge ou la raison, nous ne sommes jamais préparés à vivre cela.

« La compassion est une prédisposition à la perception et la reconnaissance de la douleur d'autrui, entraînant une réaction de solidarité active, ou seulement émotionnelle ».

La compassion est un sentiment fort et n’est pas malsaine vis-à-vis de la personne touchée. On aimerait avoir les outils pour faire en sorte que sa douleur ou son mal-être disparaisse. Malheureusement, nous ne pouvons prendre sur nos épaules toutes les détresses des autres sans être atteints nous-mêmes. En même temps, nous ne pouvons rester insensibles.

Nous avons tous, un jour ou l’autre, appris de mauvaises nouvelles. Même si ce n’est pas la première fois, on se retrouve tout aussi démuni. Il n’y a pas d’habitude à prendre pour ce genre de situation. Chaque peine, chaque malheur sont différents et viennent nous chercher chaque fois. 

Alors que faire?
Comme cet ami, le simple fait d’avoir écrit ce petit poème, d’avoir pu décrire ses sentiments a dû apporter beaucoup à cette mère inconsolable. Simplement être à l’écoute peut aider beaucoup. La personne qui souffre ne veut pas forcément des conseils ou des solutions. Elle veut simplement partager son malheur et ne plus être la seule à le supporter.

Est-ce que cela allège le fardeau?
C’est possible, mais je pense surtout que cela doit faire sentir que l’on n’est pas seul.
Vivre un deuil, quel qu’il soit, dans la solitude doit être extrêmement difficile. La souffrance n’a aucune solution pour sortir de notre corps. Elle s’enracine et finit par nous détruire. Alors que si on partage, si on parle, si on raconte notre chagrin, on lui permet de sortir et de s’évanouir. Il restera toujours un petit quelque chose en dedans de nous qu’on ne pourra effacer complètement, mais nous serons capables de vivre à peu près normalement.

La seule chose qu’une personne en deuil ne veut pas entendre est ce genre de phrase :
« Avec le temps, tu finiras par oublier ».
« Change-toi les idées et tout finira par s’arranger ».
Il en est de même pour la perte d’un être cher que pour une personne atteinte d’une grave maladie.

Nous devons être à l’écoute de nos proches ou à l’inverse ne vivons pas nos épreuves en solitaire. Écoutons et partageons.

Bonne semaine à toutes et à tous. 

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